Lorsque Christopher Nash est arrivé pour la première fois à Kendwa en 2021, il a remarqué une tendance dans le développement hôtelier de Zanzibar : les complexes en bord de mer facturaient plusieurs centaines de dollars la nuit, souvent coupés du village voisin, tandis que la communauté qui faisait tout l’intérêt du lieu ne profitait que très peu de cette économie touristique.
Les hôtels ne reflétaient guère l’identité de Kendwa. Les mêmes matériaux, la même palette, les mêmes photos. Un complexe qui pourrait se trouver n’importe où, pourvu qu’il y ait une eau bleue et du sable blanc, ne se trouve, d’une certaine manière, nulle part.
Nash voulait créer quelque chose de différent : un lieu où les visiteurs pourraient découvrir davantage la culture du pays qu’ils visitent, et où la communauté alentour pourrait bénéficier du projet.
Il a été rejoint par Victor Delo, son beau-frère et cofondateur, originaire de Zanzibar. Ensemble, ils ont associé une connaissance locale du marché à une vision internationale des attentes des acquéreurs et des voyageurs. Autour de ce principe, ils ont réuni une équipe plus large, forte de plusieurs décennies d’expérience dans l’hôtellerie et l’immobilier à Zanzibar et en Afrique de l’Est.
Ils ont créé Liyongo : 60 villas en bail de longue durée au sein d’un domaine hôtelier sur la côte nord-ouest de Zanzibar, dont la vente sur plan ouvre en octobre. Dès le départ, leur objectif était très clair : construire un projet qui grandirait avec Kendwa, plutôt que de simplement s’installer sur sa côte.
Un modèle pensé pour la distance
Avant de donner au projet l’apparence et l’esprit de Kendwa, il fallait s’assurer qu’il fonctionnerait dans le contexte juridique et économique de Kendwa.
Les villas seraient vendues à des acquéreurs privés, dont beaucoup vivraient à des milliers de kilomètres. Le modèle devait donc offrir un investissement sûr et fiable, qui puisse aussi être géré à distance. La solution : une propriété individuelle et une exploitation centralisée.
Chaque villa dispose d’un titre individuel en vertu de la loi sur la copropriété de Zanzibar, la propriété étrangère prenant la forme d’un bail de 99 ans, renouvelable par périodes de 33 ans. Le propriétaire détient sa propre villa, et non une part de fonds ou des actions de société.
Après la remise des clés, les propriétaires disposent de trois semaines par an pour profiter de leur villa. Le reste de l’année, les villas peuvent être proposées à la réservation, l’équipe expérimentée de Liyongo prenant en charge l’ensemble du processus, du marketing et des réservations jusqu’à l’entretien des biens. Les revenus locatifs sont mutualisés et répartis entre les propriétaires selon une formule définie, versés chaque trimestre et communiqués en toute transparence.
Pour le propriétaire, cela signifie détenir un bien en titre individuel sans assumer au quotidien la gestion d’un domaine hôtelier sur un marché qu’il connaît peut-être mal. Pour le voyageur, c’est l’assurance d’un séjour sans accroc dans un domaine géré par des professionnels.
Une architecture qui appartient à son environnement
Le plan du domaine s’inspire de Kendwa : les villas s’organisent autour de cours partagées et d’allées piétonnes, plutôt que dans l’enceinte d’un complexe classique. Paysage et architecture sont conçus pour se fondre l’un dans l’autre.
La même démarche se retrouve dans les matériaux et la construction : murs en pierre de corail, toits en makuti, bois local et enduit à la chaux mêlé de corail broyé. Les murs de 400 mm d’épaisseur offrent une inertie thermique, tandis que les villas sont orientées vers les vents dominants, avec de larges avant-toits pour l’ombre et des ouvertures des deux côtés pour favoriser la ventilation naturelle.
Le résultat : une architecture façonnée par son environnement, qui s’appuie sur des matériaux locaux et un rafraîchissement passif pour répondre au paysage et au climat, et permet aux voyageurs de découvrir Kendwa et sa nature au-delà de la plage.
Un village, ce sont d’abord ses habitants
Kendwa n’est pas un terrain vide en attente d’un complexe hôtelier. C’est un village vivant, avec sa propre économie, ses responsables et ses traditions. Pourtant, ses habitants restent souvent à l’écart de l’industrie touristique florissante qui les entoure, ce qui crée deux économies distinctes au sein d’un même lieu.
Liyongo n’entend pas combler ce fossé par des solutions ponctuelles. Le projet travaille au contraire avec la communauté locale pour identifier ses besoins et intégrer les réponses au projet lui-même. Un partenariat a été noué avec le Sheha, responsable du village, afin de façonner dès le départ les initiatives communautaires. Parmi elles : des puits d’eau douce, du matériel scolaire et un soutien pédagogique aux enseignants, des parcours de formation et d’emploi pour les Zanzibarites, ainsi que des opérations de nettoyage collectif.
Il y a aussi le projet qui tient particulièrement à cœur au fondateur : le marché artisanal. Nash, qui a une formation en histoire de l’art, a prévu dans le plan du domaine des étals pour les artisans et producteurs locaux, ainsi que des ateliers et des démonstrations de savoir-faire.
L’idée est d’offrir aux artisans un lieu où vendre leur propre travail et de permettre aux voyageurs de le découvrir là où il est fabriqué, plutôt que de présenter la culture locale comme une chose à part de la vie quotidienne. Les habitants peuvent partager leur culture directement tout en s’assurant une source de revenus stable, et les voyageurs découvrent Kendwa de façon plus authentique.
Soixante villas. Soixante propriétaires. Un seul Kendwa.
La vente sur plan ouvre en octobre, villa par villa, avec une remise des clés visée en 2028.
Liyongo réunit propriété privée et exploitation hôtelière au sein d’un même projet : soixante villas détenues individuellement, gérées collectivement comme un seul ensemble hôtelier et conçues autour du caractère de Kendwa.
L’objectif n’a jamais été simplement de construire un domaine hôtelier à Kendwa, mais d’en construire un qui lui appartienne.















